En rentrant chez elle, Oksana découvre qu’une inconnue va s’installer dans l’appartement et que son mari laisse sa mère tout décider. Mais lorsqu’on lui ordonne de partir, elle ouvre un dossier préparé depuis longtemps.

Lorsque Oksana ouvrit la porte de l’appartement, elle entendit immédiatement des voix dans le salon.

Elle entra et s’arrêta.

Sa belle-mère était près du canapé.

Oleg se tenait à côté d’elle.

Et une jeune femme qu’Oksana n’avait jamais vue attendait près de la porte avec une grande valise.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Oksana.

Sa belle-mère répondit froidement :

— Inna va vivre ici.

Oksana regarda la jeune femme, puis son mari.

— Ici ?

— Oui.

Sa belle-mère croisa les bras.

— C’est mon appartement, et c’est moi qui décide.

Oksana fixa Oleg.

— Et toi, qu’est-ce que tu dis ?

Il haussa simplement les épaules.

— Ma mère a déjà décidé.

Cette réponse fit plus mal à Oksana que les paroles de sa belle-mère.

Pendant trois ans, cet appartement avait aussi été son foyer.

Lorsqu’elle était arrivée, il avait besoin d’importants travaux.

La cuisine était ancienne.

Les fenêtres devaient être remplacées.

La salle de bain était presque inutilisable.

Oksana avait payé une grande partie de la rénovation avec ses économies.

À l’époque, personne ne lui avait rappelé que l’appartement appartenait à sa belle-mère.

Mais aujourd’hui, tout avait changé.

— Et pourquoi Inna doit-elle vivre ici ? demanda Oksana.

— Elle en a besoin, répondit sèchement sa belle-mère.

— Et personne n’a pensé qu’il fallait peut-être m’en parler ?

La femme eut un sourire froid.

— Nous n’avons pas besoin de ton autorisation.

Oksana regarda encore Oleg.

Il resta silencieux.

Sa mère ajouta :

— Si ça ne te plaît pas, prends tes affaires et pars.

Le silence tomba.

Oksana ne répondit pas immédiatement.

Puis elle hocha lentement la tête.

— Très bien.

Sa belle-mère sembla satisfaite.

— Enfin, tu comprends.

Mais Oksana continua :

— Avant ça, calculons combien j’ai payé pendant trois ans pour les travaux, les meubles et toutes les dépenses.

Le sourire de sa belle-mère disparut.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

Oksana entra dans la chambre.

Quelques instants plus tard, elle revint avec son ordinateur portable et un gros dossier.

Elle posa le tout sur la table.

Oleg fronça les sourcils.

— C’est quoi ?

— Trois années.

Elle alluma l’ordinateur.

Puis ouvrit le dossier.

— Nouvelle cuisine.

Elle posa une facture sur la table.

— Fenêtres.

Une deuxième.

— Salle de bain.

Une troisième.

— Meubles.

Puis vinrent les appareils électroménagers, les réparations et différents frais liés au logement.

Sa belle-mère commença à s’agiter.

— Pourquoi as-tu gardé tous ces papiers ?

Oksana leva les yeux.

— Parce que c’était mon argent.

Oleg s’approcha de l’écran.

Un tableau répertoriait les virements avec leurs dates et leurs montants.

— Tu as vraiment conservé tout ça ?

— Oui.

Elle ouvrit ensuite un dossier contenant des messages.

Certains venaient d’Oleg.

Dans l’un d’eux, il lui demandait d’avancer l’argent pour les travaux.

Dans un autre, il promettait qu’ils régleraient les comptes plus tard.

Le visage d’Oleg changea.

— Oksana, ce sont de vieux messages.

— Exactement.

— À l’époque, nous étions une famille.

Elle le regarda droit dans les yeux.

— C’est intéressant.

— Quoi ?

— Quand il fallait payer, j’étais de la famille.

Elle désigna la valise d’Inna.

— Mais quand il faut décider qui vient vivre chez nous, ta mère décide seule et toi tu hausses les épaules.

Oleg resta silencieux.

Inna commença à se sentir mal à l’aise.

— Je peux peut-être trouver un autre endroit…

La belle-mère se retourna brusquement.

— Non. Tu restes.

Oksana ouvrit alors un deuxième dossier sur son ordinateur.

Oleg remarqua immédiatement le nom d’un cabinet juridique.

— C’est quoi, ça ?

— Une consultation.

— Avec un avocat ?

— Oui.

Sa belle-mère pâlit légèrement.

— Pourquoi as-tu parlé à un avocat ?

Oksana répondit calmement :

— Parce que depuis plusieurs mois, tu me rappelles régulièrement que cet appartement est à ton nom.

— Et c’est vrai.

— Je ne le conteste pas.

Oksana posa la main sur les reçus.

— Mais je voulais savoir ce qu’il adviendrait des sommes que j’y ai investies si un jour vous décidiez exactement ce que vous venez de décider.

Oleg la fixa.

— Tu avais prévu ça ?

— J’avais prévu de me protéger.

Sa belle-mère leva la voix :

— Tu veux nous poursuivre ?

— Je veux que mes droits et mes dépenses soient examinés correctement.

— Après tout ce que nous avons fait pour toi ?

Oksana resta calme.

— Vous venez de me dire de prendre mes affaires et de partir.

Personne ne répondit.

Inna prit doucement la poignée de sa valise.

— Je préfère vraiment partir.

Cette fois, elle se dirigea vers la porte.

Quelques secondes plus tard, les roulettes de sa valise disparurent dans le couloir.

Oleg regarda sa femme.

— On peut encore discuter.

Oksana referma son ordinateur.

— Tu pouvais discuter avec moi avant de faire entrer quelqu’un ici avec une valise.

— Je ne voulais pas me disputer avec ma mère.

— Alors tu as choisi de ne pas défendre ta femme.

Oleg baissa les yeux.

Oksana rassembla lentement les documents.

— Demain, je retournerai voir mon avocat.

— Et ensuite ?

— Ensuite, nous déterminerons correctement ce que j’ai investi, ce qui peut être justifié et quelle sera la meilleure façon de régler la situation.

Sa belle-mère ne disait plus rien.

Quelques minutes auparavant, elle avait déclaré avec assurance :

« Inna va vivre ici. C’est mon appartement, et c’est moi qui décide. »

Oksana avait alors demandé à son mari :

« Et toi, qu’est-ce que tu dis ? »

Et Oleg avait simplement répondu :

« Ma mère a déjà décidé. »

Mais lorsque sa belle-mère avait ajouté :

« Si ça ne te plaît pas, prends tes affaires et pars », Oksana n’avait ni crié ni supplié.

Elle avait ouvert son ordinateur et posé trois années de preuves sur la table.

Puis elle avait répondu :

« Très bien. Mais d’abord, calculons combien j’ai payé pendant trois ans pour les travaux, les meubles et toutes les dépenses. »

C’est à cet instant qu’Oleg comprit pourquoi sa femme était si calme.

Oksana avait tout conservé. Et elle n’était pas en train de découvrir qu’on voulait la mettre dehors : elle s’était déjà préparée au jour où quelqu’un essaierait de le faire.

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