John était assis dans son bureau, feuilletant le vieux coffre en bois que sa défunte mère avait laissé derrière elle. La poussière dansait dans la pâle lumière de l’après-midi, se déposant sur des bibelots oubliés, des photos décolorées et des papiers jaunis.
Au fond du coffre, il trouva une enveloppe. Ses bords étaient effilochés, l’encre maculée, mais son nom y était inscrit – d’une écriture qu’il n’avait pas vue depuis trente ans.
Ses mains tremblaient. Anna.
Trente ans auparavant, elle avait été tout son univers. Ils avaient planifié un avenir ensemble, mais la vie en avait décidé autrement. John était parti pour l’université dans une autre ville, puis pour un travail, puis pour le mariage, puis pour des enfants. Anna était devenue un souvenir – un souvenir qui vivait au plus profond de son cœur.
Il déchira l’enveloppe. À l’intérieur se trouvait une simple feuille de papier, l’encre était passée mais encore lisible :
« Mon très cher John,
Si tu lis ceci, c’est que le temps nous a éloignés. Je ne sais pas où tu es maintenant, mais je veux que tu saches ceci : je n’ai jamais cessé de t’aimer. La vie n’a pas été tendre avec nous, mais mon cœur a toujours été à toi.
Au revoir, mon amour.

— Anna. »
John resta figé, les mots résonnant dans la pièce silencieuse. Trente ans. Elle l’avait toujours aimé.
Il chercha son nom sur Google. Son souffle s’arrêta. Nécrologie : Anna Marie Collins. Deux mois auparavant.
John ferma les yeux, serrant la lettre contre sa poitrine. Pendant trente ans, ils avaient vécu sous le même ciel, chacun de son côté, et maintenant, il ne lui restait plus que cet adieu.
Des larmes roulèrent sur son visage tandis qu’il murmurait dans le silence :
« Au revoir, Anna. Je t’aimais aussi. »