Antoine repoussa froidement un vieux vendeur de fleurs dans la rue…mais lorsqu’il ouvrit l’enveloppe cachée dans sa poche, une seule photo fit revenir tout son passé.

Antoine était en retard.

Il marchait rapidement sur le trottoir animé, vêtu d’un costume sombre, le regard fixé sur sa montre. Autour de lui, les voitures avançaient lentement, les passants se croisaient sans se regarder, et les bruits de la ville remplissaient l’air.

Il avait un rendez-vous important.

Il ne voulait perdre aucune seconde.

Soudain, un vieux vendeur de fleurs s’approcha prudemment de lui.

L’homme portait des vêtements usés. Son visage était fatigué, ses mains tremblaient légèrement, et il tenait une seule rose rouge.

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« S’il vous plaît… achetez cette rose », murmura le vieil homme.

Antoine ralentit à peine.

Agacé, il répondit sèchement :

« Laissez-moi tranquille. »

Puis il continua son chemin.

Le vieil homme resta derrière lui, immobile, la rose toujours dans la main.

Quelques secondes plus tard, Antoine sentit quelque chose dans la poche de son manteau.

Il s’arrêta brusquement.

Lentement, il glissa la main dans sa poche et en sortit une petite enveloppe usée.

Il fronça les sourcils.

Cette enveloppe n’était pas à lui.

Il se retourna.

Marcel, le vieux vendeur de fleurs, se tenait encore sur le trottoir et le regardait en silence.

Antoine ouvrit l’enveloppe.

À l’intérieur, il n’y avait qu’une seule vieille photographie.

Au moment où il la regarda, son corps se figea.

Sa respiration devint lourde.

Ses yeux s’agrandirent.

Sur la photo, on voyait une jeune femme tenant une rose rouge, debout à côté d’un petit garçon.

Antoine connaissait ce visage.

Il l’avait gardé dans un coin de sa mémoire pendant des années.

C’était sa mère.

Et le petit garçon sur la photo, c’était lui.

Ses doigts commencèrent à trembler.

Tout autour de lui, la rue continuait de vivre. Les passants marchaient, les voitures klaxonnaient doucement, le vent faisait bouger les papiers sur le trottoir.

Mais pour Antoine, le monde venait de s’arrêter.

Il releva lentement les yeux vers Marcel.

Le vieil homme le regardait avec une tristesse calme, comme s’il avait attendu ce moment depuis très longtemps.

Antoine voulut parler, mais aucun mot ne sortit.

Ce rendez-vous important n’avait soudain plus aucune valeur.

Parce qu’une simple photographie venait de rouvrir une partie de son passé qu’il croyait enterrée.

Et Antoine comprit que ce vieux vendeur de fleurs ne l’avait pas arrêté par hasard.

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